Les Voodoo 2 sans sorties vidéo de Diamond

Vous l’avez peut-être vu passer, la folie du minage sur GPU incite les fabricants de carte graphique à proposer des modèles sans sortie vidéo, pour limiter les coûts. On trouve donc sur le marché des cartes graphiques… sans possibilités graphiques. Cette idée n’est pourtant pas neuve, à la fin des années nonante quatre-vingt-dix, Diamond Multimedia proposait en effet déjà des cartes 3D de ce type. Démarrez la DeLorean.

Une GeForce moderne sans sorties

Petit rappel historique : la star de la fin de la décennie dans le monde des cartes 3D reste la Voodoo 2 de 3dfx. Cette carte 3D s’ajoute à un système existant en récupérant le signal issu de la carte graphique classique – la puce ne gère pas la 2D – et ne s’enclenche que quand un jeu fait appel à elle, en court-circuitant l’affichage de la carte principale. La Voodoo 2 est une grosse amélioration de la Voodoo Graphics, avec une augmentation de la fréquence (90 MHz contre 50 MHz) et l’apparition d’une seconde unité de texture. 3dfx avait au départ proposé une architecture très modulable : une carte Voodoo Graphics classique propose généralement une unité pixelFX doté de 2 Mo de mémoire et une unité texelFX (texture) dotée de 2 Mo de mémoire. Mais en pratique des modèles avec plusieurs unités de textures ou plus de mémoire (4 Mo pour les textures) existent, même si elles sont rares. La Voodoo 2, donc, utilise un pixelFX doté de 4 Mo de mémoire et deux texelFX dotés de 2 Mo de mémoire (Voodoo 2 8 Mo) ou 4 Mo de mémoire (Voodoo 2 12 Mo).

Le SLI

Une Voodoo 2 classique et une version sans sorties

Le succès de la Voodoo 2, en dehors du gain en performance élevé dans les jeux qui appliquaient plusieurs textures – Quake 2 en tête -, vient de l’arrivée du SLI. Ma technologie existait déjà dans les variantes professionnelles, mais avec la Voodoo 2, 3dfx l’amène dans le grand public. L’idée est simple : installer une seconde carte qui va traiter une ligne sur deux. La solution double littéralement les performances et permet – luxe à l’époque – de jouer en 1 024 x 768, alors qu’une Voodoo 2 limite au 800 x 600 et que les Voodoo Graphics restaient souvent cantonnées au 640 x 480. Et Diamond Multimedia, pour limiter le coût de la seconde carte, a donc eu une idée : proposer une carte sans sortie vidéo. Techniquement, les cartes communiquent à travers le câble SLI (en interne) et les deux prises de la Voodoo 2 (une entrée et une sortie) ne servent donc à rien. Diamond vendait ce type de carte, les MegaMonster, uniquement sur son site Internet, ce qui explique la rareté actuelle de ce type de carte. En 1999, une Voodoo 2 de la marque, en version 12 Mo, valait 150 $ et la version sans sortie vidéo, elle, était vendue 130 $. Assez bizarrement, les versions 8 Mo valaient le même prix (100 $ dans les deux cas).

Un modèle sans sortie

Si les 3dfx vous intéresse, le site TheDodgeGarage propose pas mal d’informations sur cette marque légendaire, ainsi que – bien évidemment – notre test.

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Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.