Comment regarder la télévision en Ultra HD ?

Quand nous parlons des téléviseurs 4K ou Ultra HD, la première réflexion (presque automatique) qui survient évoque l’absence de contenu. Mais si aucune chaîne d’importance n’émet pour le moment en Ultra HD, il existe tout de même quelques démonstrations diffusées avec une qualité d’image à couper le souffle, que ce soit sur les satellites ou sur la TNT (pour les Parisiens).

Parlons rapidement technique : la diffusion en numérique en Europe utilise les standards DVB (Digital Video Broadcasting). Trois variantes courantes se partagent le marché (même s’il en existe d’autres) : le DVB-T, le DVB-C et le DVB-S. Le T de la première indique qu’il s’agit d’une norme “terrestre”, pour une diffusion hertzienne. La TNT française se base sur la technologie DVB-T. La seconde norme, le DVB-C, vise la diffusion sur le câble et SFR (Numericable) passe par cette technologie pour vous proposer la télévision. Enfin, la diffusion par satellite utilise le DVB-S. Pour les trois normes, plusieurs variantes existent, avec par exemple le DVB-S2 ou le DVB-T2, qui offrent plus de bande passante.

Quelle que soit la norme choisie, qui dépend essentiellement des contraintes physiques liées à la diffusion, le passage obligé reste les codecs de la famille MPEG. La vidéo en SD (576i en Europe) utilise le MPEG-2 (H.262) ou le MPEG-4 (H.264), la HD (720p/1080i/1080p) passe par du MPEG-2 (rare), du MPEG-4 (courant, comme en France) ou du HEVC (H.265), comme en Allemagne. Enfin, l’Ultra HD (2160p) est diffusé essentiellement en HEVC et parfois en MPEG-4. Le choix du codec dépend de la bande passante : un flux SD en MPEG-2 (cas le plus courant) demande 4 à 8 mégabits/s pour une image correcte, ce qu’il est possible de faire en HD (1080i) en MPEG-4. Le HEVC étant plus performant que le vieillissant H.264, il permet un résultat propre avec environ 20 mégabits/s.

Dans la pratique, l’offre actuelle en Ultra HD reste assez faible : trois chaînes (dont une cryptée) sur HotBird et huit chaînes (dont une cryptée) sur Astra. Il s’agit de canaux de démonstrations ou qui passent des contenus en boucle, pas des chaînes généralistes. Pour le côté technique, la diffusion s’effectue en DVB-S2 et HEVC dans presque tous les cas. Pour les amateurs de hertzien, la tour Eiffel diffuse un mux HEVC sur Paris – la puissance d’émission limite la portée – qui propose des contenus en HEVC et parfois en Ultra HD (ce n’est pas le cas actuellement). Pendant certains évènements sportifs comme le tournoi de Roland Garros, il devient possible de suivre les matchs en Ultra HD.

Maintenant, comment recevoir ces chaînes ? Si vous avez un téléviseur Ultra HD récent, il intègre a priori un décodeur HEVC et un tuner DVB-T2 et (ou) DVB-S2. Il suffit donc d’effectuer une recherche et ça devrait fonctionner. Pour la TNT, il faut être sur Paris avec une antenne de toit. Pour le satellite, une parabole orientée sur Astra 19.2E ou sur HotBird 13.0E reste le meilleur choix (et le plus courant en France).

Et sur un PC ? C’est évidemment plus compliqué, mais parfaitement possible. Pour la TNT, il faut tout d’abord un récepteur DVB-T2, ce qui n’est pas une mince affaire. La majorité des modèles USB vendus dans l’Hexagone se limitent en effet au DVB-T. L’August DVB-T210, qui vaut une quarantaine d’euros, fonctionne bien, mais n’importe quel récepteur USB devait faire l’affaire. Pour la vidéo, nous utilisons DVB Dream, un programme sous Windows assez efficace. Enfin, le décodage du HEVC nécessite l’installation d’un codec et d’un processeur puissant (quatre cores) ou d’une carte graphique capable de prendre en charge la norme matériellement (les GeForce Pascal, certaines Maxwell, les AMD RX 4xx). Si tout se passe bien, vous devriez pouvoir recevoir les démonstrations et autres matchs.

Roland Garros 2014

Roland Garros 2014

Pour tester l’Ultra HD sur le satellite, la démarche reste la même : un PC correct (quatre cores) et un tuner DVB-S2. Il en existe en USB et en PCI-Express, mais nous avons utilisé un modèle qui se branche sur un réseau, un Netstream de chez Elgato. DVB Dream prend en charge certains appareils, d’autres disposent de logiciels dédiés. Le satellite permet normalement une qualité un peu plus élevée que la TNT, pour des raisons de bande passante : une chaîne peut sans problèmes monter à 25 mégabits/s.

Une démo "VR" sur le satellite

Une démo “VR” sur le satellite

Dans tous les cas, vous pourrez bien évidemment enregistrer les images, ce qui – en DVB – consiste essentiellement à récupérer le flux brut directement sur un périphérique de stockage. Attention, la taille des fichiers peut atteindre des sommets : avec un débit moyen aux alentours de 20 mégabits/s, l’Ultra HD demande de l’espace disque.

Pour terminer, deux liens intéressants si vous comptez tester. Le premier, c’est King Of Sat, un site qui répertorie la liste des chaînes diffusées sur des dizaines de satellites, avec des informations techniques (fréquences, débits, etc.). Le second, c’est Digital Bitrate, qui affiche des données sur d’autres normes de diffusions (TNT, RNT, etc.). Quand une nouvelle chaîne en Ultra HD arrive, elle est rapidement référencée sur ses deux sites.

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Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.