Quand Douste blase

24 Juin dernier, 12h15. Sur l’antenne de France Info, on débat des écoutes de la NSA révélées par Wikileaks. Les conversations téléphoniques de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande ainsi qu’une flopée de hauts fonctionnaires et autres ministres auraient été enregistrées par les services secrets américains. Scandale. Les intervenants s’enchainent, tous dénoncent “l’inacceptable” comportement d’un “grand allié” comme les États-Unis. Arrive ensuite le tour de Philippe Douste-Blazy, ancien ministre des affaires étrangères de 2005 à 2007, qui aurait été lui aussi placé sur écoute à ce titre. Rapidement, Philippe prend pour exemple un sujet qu’il connait bien : le système de positionnement par satellite européen Galileo. Alors que les autres intervenants se demandent probablement le rapport avec la choucroute, M. Douste-Blazy précise sa pensée : il faut assurer notre indépendance sur le plan technologique, que diable ! Car voilà : selon lui, avec le GPS, les américains savent où se trouvent chaque européen, et c’est inacceptable. Silence gêné. Comme ma grand-mère et certains électro-sensibles, il semble donc que l’ancien chef de la diplomatie française soit convaincu que les récepteurs GPS émettent des ondes qui permettent aux satellites de les géolocaliser. C’est évidemment l’inverse, et les américains n’ont aucun moyen de localiser les utilisateurs du GPS (sauf dans les films hollywoodiens, mais c’est une autre histoire). Pas de quoi faire sourciller Philippe Douste-Blazy, qui n’en est plus à une petite approximation prés : lors de son arrivée au Quai d’Orsay par exemple, il confondait Galileo avec le projet de réacteur nucléaire à fusion Iter. Libération l’avait alors surnommé “le ministre des Affaires qui lui sont étrangères“. Dix ans plus tard, l’ex-ministre ne semble pas s’être remis à niveau. Nul ne sait ce que la NSA aura entendu en écoutant les conversations téléphoniques de Douste-Blazy, mais une chose est sure : ils doivent encore en rire…

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Doc TB
Détracteur en chef, journaliste total, combat le bullshit marketing depuis 2001, ce qui lui vaut régulièrement procès et menaces. Particularité : dilapide l'argent de la rédaction en produits divers et variés qu'il pourrait très bien obtenir gratuitement via les constructeurs (contre un ou deux points en plus sur la note). Détruit au final lesdits produits en cherchant à les améliorer ou pour éprouver leur résistance aux courts-circuits.