OpenLDI : le concurrent du DVI qui n’a jamais pris

Une prise OpenLDI

Dans les concurrents du DVI, l’OpenLDI était voué à un beau succès à la fin des années nonante. Mais la norme n’a jamais réussi à s’imposer.

Une norme déjà connue

L’OpenLDI date de la fin de la décennie et concurrençait une norme naissante à l’époque, le DVI. Au lieu d’utiliser une nouvelle technologie, il se base en fait sur le FPD-Link, abusivement appelé LVDS. Techniquement, l’OpenLDI est simplement une version externe de la norme utilisée pour connecter les écrans d’ordinateurs portables. Cette solution avait l’avantage de ne pas nécessiter de grosses modifications sur les cartes graphiques : beaucoup de puces supportaient déjà la norme.

Un seul écran, quelques cartes graphiques

Un nom légendaire

Dans la pratique, l’OpenLDI n’a jamais réussi à s’imposer. Un seul écran utilise la norme, l’imposant – pour l’époque – SGI 1600SW. Doté d’une dalle de 17,3 pouces dans un format atypique (presque 16:10, 1 600 x 1 024), il a fait le bonheur des utilisateurs de stations Silicon Graphics et de quelques utilisateurs de PC. Les cartes graphiques qui disposent d’une sortie OpenLDI restent rares et – malheureusement – elles utilisent des GPU qui posent pas mal de soucis. À cette époque, ATi et Nvidia commencent déjà à s’imposer et leurs concurrents n’arrivent pas à proposer des pilotes Direct3D ou OpenGL sans bugs.

L’écran SGI

Dans les cartes graphiques, vous trouverez donc une carte Siemens (pour ses PC professionnels) à base de Chips and Technologies (une affreuse puce extrêmement lente), un modèle à base de Ticket To Ride IV (moins rapide qu’une Rage 128, les bugs graphiques en plus), un modèle professionnel à base de Glint R3 et une GeForce 2 MX 400 sortie uniquement au Japon et en PCI. En plus des versions PC, quelques cartes pour Mac sortent, comme la Proformance 3 de chez Formac (testée ici) et certaines stations SGI (à base de x86 ou de MIPS) supportent aussi l’OpenLDI.

Une sortie OpenLDI sur une carte graphique (au milieu)

Actuellement, sauf à trouver une carte graphique et un PC de l’époque, la meilleure solution reste les adaptateurs. Différentes sociétés en proposaient, à des prix élevés (comptez plus de 250 € neufs en 2017). La version originale de SGI avait tout de même une particularité : en plus d’une entrée DVI (comme les autres modèles), elle proposait aussi du VGA et du DFP. Pour les bidouilleurs, les adaptateurs vendus sur eBay pour brancher une dalle LVDS sur une carte graphique peuvent être bidouillés pour de l’OpenLDI.

Un petit test

Définition native mais à 50 Hz

Nous avons récupéré récemment un SGI 1600SW et une carte graphique avec une sortie OpenLDI (une Formac Proformancs 3 à base de Permedia 3). Cette carte ne fonctionne que sur les Mac et sous Mac OS 9. Elle limite l’écran à 50 Hz mais permet d’atteindre la définition native. Rien à dire, l’écran fonctionne avec cette carte. Nous n’avons pas (encore) trouvé de cartes pour PC ou d’adaptateurs. À noter quelques raffinements comme le réglage de la luminosité depuis Mac OS. Assez étonnamment, les pilotes pour la puce Permedia 3 sont moins perfectibles que sous Windows et la carte arrive à se placer un peu devant la Rage 128 d’origine de notre machine.

About the Author

Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.