Les disques durs 2,5 pouces sont-ils morts ?

Le monde du stockage, depuis quelques années, demeure assez passionnant à suivre et à analyser. Depuis l’arrivée des SSD (vers ~2008), le marché a considérablement bougé et certaines gammes tendent même à disparaître. La principale dans ce cas ? Celle des disques durs 2,5 pouces pour les ordinateurs portables.

Au milieu de l’année 2008, les meilleurs SSD ont une capacité de 64 Go et valent environ 1 SMIC alors que les disques durs de PC portables atteignent 500 Go et tournent à 5 400 tpm ou 7 200 tpm pour moins 200 €. Pour l’anecdote, votre serviteur a acheté son premier SSD (32 Go) en mars 2008 pour ~500 € et un disque dur de 250 Go pour 90 € au même moment.

Huit ans plus tard, en 2016, quel est l’état du marché ? On trouve des SSD de 1 To pour environ 300 € et des disques durs de 2 To pour moins de 130 €. Les SSD offrent des performances considérablement plus élevées qu’à l’époque, contrairement aux disques durs : si les débits augmentent, la vitesse de rotation diminue et les modèles 7 200 tpm n’existent plus réellement. Signe que les temps sont durs : la dernière innovation importante date de novembre 2013 quand Samsung (Seagate) a lancé un disque de 2 To de 9,5 mm d’épaisseur. Depuis, les rares nouveaux disques durs 2,5 pouces visent soit le monde professionnel soit les disques durs externes.

Le PiDrive, interfacé en USB

Le PiDrive, interfacé en USB

Dans le premier cas, il s’agit de modèles dits “SFF” (Small Form Factor), c’est-à-dire avec une mécanique qui nécessite une tension de 12 V, absente des ordinateurs portables. Parfois utilisés dans les serveurs, ils deviennent de plus en plus rares, remplacés eux aussi par les SSD. Dans le second cas, les disques durs externes, le problème vient de l’épaisseur : pour offrir une capacité élevée (4 To actuellement), les constructeurs multiplient les plateaux et augmentent le volume du boîtier. Alors que les ordinateurs portables acceptent généralement des modèles de 9,5 mm d’épaisseur (et parfois uniquement du 7 mm), les variantes dédiées au marché des disques externes mesurent 15 mm, pour caser 5 plateaux. De plus, pour réduire les coûts et simplifier les PCB, de plus en plus de modèles intègrent directement une interface USB 3.0 en lieu et place du classique SATA.

Comme nous venons de le voir, si le marché des disques durs 2,5 pouces existe encore, il abandonne presque totalement les ordinateurs portables. Mais pourquoi ? La première raison découle évidemment de la démocratisation des SSD. Le gain en performances offert par la mémoire flash ringardise complètement les disques durs, lents et bruyants. Avec des modèles de 500 Go à moins de 150 €, il est difficile de ne pas envisager un SSD dans un PC portable, sauf si le budget demeure extrêmement limité. Les constructeurs l’ont bien compris, et ils ne sortent plus que des disques destinés au stockage externe en gardant quelques références pour faire plaisir aux aficionados du magnétique, comme WD et ses Black qui datent de Mathusalem. Ils ont bien tenté d’inverser la tendance à une époque avec des modèles hybrides, mais seul Seagate a trouvé un peu de succès avec ce type de bricolage, et le prix a toujours été un peu trop élevé pour qu’ils deviennent vraiment intéressants. Et la mode des Ultrabooks a sûrement enfoncé le clou du cercueil des HDD 2,5 pouces : la quête de finesse reste incompatible avec la capacité dans un disque dur.

Pour terminer, il peut être intéressant de noter que le marché des disques durs 3,5 pouces tend à suivre la même voie, malgré des contraintes qui ne sont pas exactement les mêmes. Les dernières nouveautés dans ce domaine visent surtout à diminuer la consommation et à augmenter la capacité et pas à améliorer les performances, qui s’élèvent mécaniquement pour des causes techniques. Il n’est pas déraisonnable de penser qu’à terme ils ne se retrouveront que dans les NAS et dans les serveurs, en laissant la place aux SSD.

(crédits photo : Evan Amos, CC BY-SA 3.0)

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Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.