[Les disques optiques oubliés] Le MovieCD

Dans Canard PC Hardware 30, en kiosque, nous avons publié un dossier sur l’avenir incertain du disque optique, avec notamment une liste de technologies oubliées. Et comme nous avons dans notre laboratoire quelques exemples qui n’ont pas trouvé place dans le magazine, nous les publierons ici chaque semaine. Cette semaine, le MovieCD.

Une image tirée d'un MovieCD

Une image tirée d’un MovieCD

Le MovieCD date du milieu des années 90, à un moment où lire des vidéos sur un ordinateur était quelque chose de compliqué. Le DVD n’était qu’un doux rêve (les premiers disques datent de 1997) et le Video CD (avec son encodage en MPEG-1 en 320 x 240) demandait soit un PC de compétition (Pentium 166 MHz recommandé) ou une carte de décompression dédiée. Le MovieCD, lui, promettait une lecture « fluide » avec un simple 486 DX2-66. Le code maison (MP, Motion Pixels) permettait en effet la lecture sur un 486, avec une définition proche de celle du Video CD (320 x 236), mais la notion de fluidité restait à revoir : seulement 15 fps. Le résultat différait tout de même du Video CD : alors que ce dernier offrait une image constellée de macroblocs en cas de mouvements rapides, le MovieCD proposait quelque chose de plus naturel, mais aussi plus flou. De plus, alors que le Video CD proposait de l’audio en MP2 (un codec assez efficace), le MovieCD se contentait de PCM à 11 kHz, en 8 bits et en mono (ce qui est assez mauvais). Le format n’a évidemment pas trouvé le succès : en plus de sa mauvaise qualité d’image, il ne proposait que 45 minutes par CD, trop peu pour stocker un film complet (un défaut partagé avec le Video CD). Malgré tout, quelques dizaines de films existent à ce format et quelques jeux des années 90 utilisent le codec pour les cinématiques. A noter, pour les amateurs, que les MovieCD peuvent se lire sur un Windows moderne, mais uniquement en 32 bits.

About the Author

Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.