DFP : le concurrent oublié du DVI

L'ATi Xpert LCD et sa prise DFP

Entre l’arrivée du VGA (en 1987) et l’introduction du DVI (1999), quelques technologies numériques se sont retrouvées dans les cartes graphiques. Nous allons vous en présenter quelques-unes ici, la première étant le DFP (alias Digital Flat Panel).

La sortie DFP de la carte ATi

Le DFP a été standardisé en 1998 par l’association VESA et se base sur la même technologie que le DVI (et plus tard le HDMI) : le PanelLink TMDS de chez Silicon Image. Il s’agit d’un lien série très rapide (165 MHz dans le cas du DVI) qui transmet un signal totalement numérique. Dans la seconde moitié des années 90, l’arrivée des interfaces numériques devenait inévitable suite à la sortie des premiers écrans LCD grand public. La norme VGA étant analogique, elle imposait une puce pour convertir le signal numérique en signal analogique dans la carte graphique (le le fameux RAMDAC) et une puce pour convertir le signal analogique en signal numérique dans l’écran (un ADC). Avec une interface numérique, le signal n’a pas à être converti et l’image doit théoriquement être de meilleure qualité. Dans les années 90 et au début des années 2000, avec la qualité déplorable de certains RAMDAC – les utilisateurs des premières GeForce comprendront -, le gain visuel était flagrant.

Une norme assez rare

Pourtant, le DFP reste très rare. Sur les cartes graphiques, ATi a tenté le coup avec quelques modèles (nous avons pu tester une Rage LT Pro, la Xpert LCD), tout comme S3 (il existe des cartes Savage 4 équipées d’une prise DFP). Pour rappel, la puce Rage LT Pro est une variante mobile de la puce Rage Pro, avec la prise en charge des écrans LVDS et de deux sorties simultanées. Des prototypes de Voodoo 3 équipées d’une sortie DFP existent aussi, et les versions PCI des Voodoo 3 (encore) contiennent les traces pour installer les composants nécessaires.

La puce Silicon qui gère la sortie

Un adaptateur DFP vers DVI femelle

Au niveau des écrans, seul Compaq a joué le jeu avec quelques modèles de LCD dotés d’une interface DFP. Comme le DFP utilise la même technologie de base que le DVI, il existe heureusement des adaptateurs permettant de brancher un écran DVI sur une carte avec une prise DFP (DFP mâle vers DVI femelle) mais aussi d’autre pour brancher un écran DFP sur une carte graphique avec du DVI (DVI mâle vers DFP femelle). Les adaptateurs en question restent totalement passifs (comme les DVI vers HDMI, par exemple) mais conservent évidemment les limites de l’adaptateur en amont. De ce que nous avons pu trouver – la documentation sur le DFP demeure rare – , la norme limite la définition au 1 280 x 1 024 (contre ~1 920 x 1 200 en DVI).

Le test

Notre machine de test

Pour tester, nous avons monté rapidement une plateforme de la fin des années 90 : Pentium II 450, 256 Mo de RAM, une ATi Xpert LCD avec VGA et DFP (en AGP, sans et avec l’extension mémoire). Seule concession au monde moderne : le système d’exploitation (Windows 98) sur une carte Compact Flash, pour installer rapidement des logiciels. La carte fonctionne parfaitement… via sa sortie VGA. Pour la sortie DFP – avec un adaptateur DFP vers DVI -, les derniers pilotes pour la puce ne proposent même pas la prise en compte de la sortie. Avec des pilotes plus anciens, ils affichent bien la présence de la sortie, mais sans possibilité de l’activer. Nous avons testé avec cinq écrans DVI, sans obtenir d’image. Deux des écrans bloquent même totalement le chargement de Windows. Windows 98 semble détecter les écrans (avec une définition maximale de 1 280 x 1 024, comme prévu) mais sans rien afficher. C’est donc un peu un échec de notre part, et nous n’avons pas trouvé de retours sur Internet de personnes ayant branché un écran DVI sur une carte de ce type. Faute d’écrans DFP sous la main – si vous avez un bon plan, contactez-nous -, nous ne pouvons même pas affirmer que la sortie est réellement fonctionnelle sous Windows 98.

Windows 98 et la Rage LT Pro

Windows 98 ne voit pas l’écran LCD

About the Author

Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.