Désespère Cyber

Le 13 janvier, TF1 commençait la diffusion de la quatrième série de la famille CSI: (Les Experts dans la langue de Kev Adams) Cyber. Le mot semble un peu daté, suranné, mais permet à la ménagère de moins de 50 ans de situer directement la particularité de cette série : les Experts vont traquer les pédocriminels nazis sur l’Internet. Attention : SPOILER !

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Quand Doc TB m’a ordonné de regarder le premier épisode et de le commenter, je me suis demandé ce que j’avais fait de mal. J’ai hésité à faire le mort, démissionner, refiler le boulot à quelqu’un d’autre. Mais j’ai pris mon courage à deux mains et sorti un carnet de notes. La série commence par une publicité pour un produit en -oo (Securitoo), ce qui colle finalement assez bien avec Cyber. Le premier épisode démarre par un plan angoissant sur… une caméra IP dans une chambre d’enfant. Comme il convient d’effrayer d’autres personnes que les électrosensibles, elle émet des sons bizarres, des langues étrangères. Ensuite, une femme se réveille, se rend compte que son bébé a disparu et nous pouvons enfin découvrir les héros. Il y a la médium (Patricia Arquette), Dawson (James Van Der Beek) et Vigo (Peter « Poughkeepsie » MacNicol).

Bien évidemment, clichés obligent, il y a aussi un geek : gros, sale, pas très sympathique (nous ne verrons pas les pizzas et le Red Bull sur son bureau, mais nul doute qu’ils seront présents dans d’autres épisodes). Après le traditionnel générique des Who (I Can See for Miles), nous allons suivre la traque des gens qui vendent des bébés sur Internet. Si. Dès le début, Dawson va aller discuter avec le gosse des voisins et montrer qu’il connaît les jeux vidéo, surtout ceux avec des bruitages 8 bits. Bien évidemment, le matériel récupéré va être analysé dans une salle contenant des murs d’écrans, des câbles Ethernet qui tombent du plafond et plus généralement des bidules présents pour impressionner le quidam (enfin, le spectateur). Durant l’enquête, les grosses ficelles habituelles défilent : interfaces bidons avec de gros messages bien visibles, utilisation majoritaire du clavier (en lieu et place de la souris), code source, etc.

Le code source réglementaire

Le code source réglementaire

Anecdote amusante : l’un des héros, un jeune pirate repenti qui va aider la police, utilise un clavier que nous avons conseillé à une époque. Ce modèle, le K400 de Logitech, était couplé avec une souris (alors qu’il intègre un trackpad) mais – surtout – était éteint pendant toute la scène. Possédant le même clavier, j’ai pu le vérifier de visu en prenant quelques photos avec le même angle pour analyser les ombres du bouton. Dans la suite, nos Experts parviennent à géolocaliser une console utilisée par les méchants pirates pour énerver les gentils et récupèrent la position GPS d’un téléphone à clapet sorti tout droit des années ’90. La scène la plus étonnante reste celle où le geek de service se rend dans le datacenter du fabricant de la caméra IP et déclare – ordinateur portable relié aux serveurs en main – qu’il a découvert une faille dans le code source et que les pirates l’utilisent pour surveiller des bébés. Pirates finalement un peu idiots : Shodan.io permet d’en trouver des centaines très facilement. De plus, si le plot de départ n’est pas totalement irréaliste techniquement vu que certains modèles peuvent diffuser du son, les chances que les pirates transmettent par erreur les enchères sur Internet (des vilains étrangers qui achètent des bébés, suivez un peu !) restent ridiculement faibles.

Enfin, ces fameux pirates ne parviennent pas à retenir un mot de passe de 20 caractères – j’y arrive pourtant assez facilement avec HardwareCanardPC567 – et l’ont donc tatoué sur le corps de leur chef (à côté du plan de la priso… ah, non, désolé). Notre ami le geek indique d’ailleurs que « tester toutes les possibilités du mot de passe (2^62) prendrait 10 milliards d’années avec un processeur de 3 giga » (sic) juste avant la découverte d’un code composé uniquement de chiffres, qui peut donc être cassé très rapidement avec les solutions modernes. À la fin, évidemment, tout est bien qui finit bien et la médium peut aller se reposer seule devant Abraham Lincoln à Washington, un monument inconnu et jamais vu à la TV. Quant à moi, je me suis juré de ne pas regarder un épisode de plus de cette série.

About the Author

Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.