ADC : Apple essaye d’améliorer le DVI

Un connecteur ADC mâle

Dans les sociétés qui voulaient essayer de proposer une « alternative » au DVI, vous trouverez l’ADC, alias Apple Display Connector. La société de Cupertino propose en effet ses propres standards pour éviter d’utiliser les mêmes connecteurs que le monde PC.

Un DVI amélioré

Pendant longtemps, Apple utilisé une sortie VGA en DA-15 (15 broches sur deux rangées) quand le monde PC utilisait le classique « VGA » (15 broches, mais sur trois rangées). À la fin des années 90, Apple passe au VGA classique avant de se tourner rapidement vers le DVI pour quelques écrans. Mais en 2000, Apple lance l’ADC, alias Apple Display Connector. Cette prise transporte en fait un signal DVI numérique (Single Link), un signal analogique (il existe un écran cathodique ADC), de l’USB 1.1 et l’alimentation de l’écran, avec 100 W au maximum. Le principal avantage de l’ADC reste donc la possibilité de brancher un écran à un ordinateur avec un seul câble, qui va servir à l’alimentation, à la vidéo et au hub USB placé sur tous les écrans Apple de l’époque.

Deux écrans ADC sur un bureau

Compatibilité, adaptateurs et ordinateurs portables

Une carte graphique ADC

Apple équipe assez rapidement toutes ses machines de bureau, les Power Mac G4 (Cube inclus). La technologie fonctionne bien et un autre constructeur propose même des écrans compatible (Formac) mais les problèmes arrivent rapidement. Le premier semble évident en 2017 mais ne l’était pas à l’époque : l’ADC n’est pas adapté aux ordinateurs portables. Les chargeurs compacts de ces machines ne fournissent pas assez d’énergie pour alimenter le laptop lui-même et son écran. L’USB-C, qui suit la même philosophie dans l’absolu, propose d’ailleurs une différence fondamentale sur ce point : l’écran alimente l’ordinateur. Apple propose bien un adaptateur DVI vers ADC mais il a des défauts : son bloc d’alimentation reste très imposant et il ressemble à une pieuvre de câble : l’écran doit être relié au bloc, et le bloc relié en DVI et en USB à l’ordinateur. De plus, il n’est pas compatible avec l’écran cathodique ADC d’Apple. L’autre souci vient de l’obligation d’utiliser une carte graphique compatible et de la mise en oeuvre : Apple récupère l’énergie et l’USB à travers une prise dédiée dans le prolongement du connecteur AGP mais aussi – sur les G4 – à travers les broches inutilisées du connecteur. Petit problème, les broches en question ne servent pas en AGP 4x mais bien en AGP 8x. Dans les faits, les Power Mac G4 deviennent incompatibles (sauf à bidouiller) avec les cartes AGP 8x et les Power Mac G5 utilisent une technique différente pour alimenter l’ADC. Enfin, Apple doit fournir des alimentations nettement plus puissantes que ce consomme la machine uniquement en prenant en compte que certains utilisateurs brancheront un écran ADC, ce qui augmente en partie le prix et les nuisances sonores. À noter qu’il existe, pour ceux qui n’utilisent pas l’ADC, des adaptateurs ADC vers DVI et vers VGA passifs.

Le retour au DVI

Un écran ADC avec son (gros) adaptateur

Un écran ADC avec son (gros) adaptateur[/caption]Pour toutes ses raisons, Apple abandonne assez rapidement l’ADC : en juin 2004, les écrans d’Apple reviennent au DVI, avec un câble qui se divise en trois prises au niveau de l’ordinateur (DVI, USB et FireWire). La prise disparaît assez rapidement des machines : les Power Mac G5 de 2004 disposent encore tous (ou presque) d’un connecteur ADC, les versions 2005 l’abandonnent, sauf avec un modèle précis de carte graphique. La fin réelle de l’ADC date de 2013 : OS X Mavericks supprime le support logiciel des écrans ADC. S’ils sont encore utilisables avec un adaptateur DVI, l’OS ne propose plus la prise en charge des réglages de luminosité et des boutons tactiles, ce qui rend les réglages compliqués en l’absence d’OSD.

Dans la pratique, l’ADC reste assez rare : quelques écrans Apple (LCD de 15, 17, 20, 22 et 23 pouces), quelques modèles Formac (notamment des 20 pouces en 4:3), des adaptateurs divers et variés (VGA vers ADC, DVI vers ADC), un modèle cathodique (17 pouces) et une série de cartes graphiques, soit directement dans les Mac, soit chez les partenaires (ATi). L’idée de l’ADC n’était pas mauvaise à l’origine mais la mise en oeuvre possède quelques limites et donne le sentiment qu’Apple n’avait pas anticipé la montée en force des ordinateurs portables. Le principe de l’USB-C reste d’ailleurs étonnamment proche : faire passer un signal vidéo, de l’USB et de l’énergie dans un seul câble.

About the Author

Dandu
Espion de Cupertino dans la rédac' de Canard PC Hardware. Aime beaucoup les formats totalement obsolètes ainsi que les technologies bizarres et oubliées. Possède un chien robot, des lapins Wi-Fi et un vrai perroquet.